MAGAL DE CHEIKH Abdoul Ahad MBACKE
Ce mardi 13 octobre 2009 (23 Shawwâl 1430 H.), est célébré le Magal de Cheikh Abdoul Ahad Mbacké, 3ème Khalife Général des Mourides. Votre site www.albichru.org vous offre cet article en hommage de cette figure exceptionnelle. Lire la suite…
Fils de Cheikh Ahmadou Bamba MBACKE et de Sokhna Mariama DIAKHATE, Cheikh Abdou Ahad MBACKE est venu au monde le 23e jour du mois de Chawwâl (korité) en 1914 à Diourbel. Frère aîné de Cheikh Chouhaïbou MBACKE, Cheikh Abdou Ahad fut le premier enfant du fondateur du Mouridisme à naître après son retour d’exil.
Informé de cette naissance, Cheikh Ahmadou Bamba déclara : « je place en lui un grand espoir ». Selon Serigne Modou Mahmoune NIANG, secrétaire particulier de Cheikh Abdou Ahad, Cheikh Ahmadou Bamba affirma : « cet enfant n’a pas trouvé sur terre quelqu’un qui soit meilleur que lui et que personne de meilleur que lui ne l’y trouvera ». Serigne Mahmoune NIANG nous apprend également que le CHEIKH ordonna aussitôt qu’on récitât dans l’oreille du nouveau-né son khasida intitulé fuzti, un poème dédié à Sokhna Mariama (mère du Prophète ’Insâ [Jésus ] ou sa propre mère Sokhna Mariama BOUSSO ?). En tout état de cause, toutes les trois Mariama précitées se ressemblent par leur courte existence, leur grande sainteté et leur progéniture exceptionnelle.
Cheikh Abdou Ahad fut initié au Coran par son oncle Serigne Hamzatou DIAKHATE. Son apprentissage coranique est sanctionné par plusieurs exemplaires du saint-livre qu’il a calligraphiés. Il a appris une bonne partie des sciences religieuses auprès de l’imam Serigne Habibou MBACKE.
Celui-ci s’émerveillait de la capacité de rétention et du degré de compréhension extraordinaire de Baay Lahad. Qui plus est, Cheikh Abdou Ahad était doté d’une éloquence et d’une pertinence à vous couper le souffle ! On eût dit soit qu’il préparait longuement les sujets de ses interventions, soit qu’il avait un téléprompteur sous les yeux. Or, il ne lisait jamais ses discours dont il lui arrivait même d’annoncer le plan qu’il suivait scrupuleusement quelques longues que fussent par ailleurs les digressions.
En vérité, tout chez ce prodige était exceptionnel : sa maîtrise du Coran et des Khaçaids, son érudition, sa connaissance du monde contemporain, sa finesse d’esprit, son culte de la vérité, son courage, son élégance, son humilité, son engagement au service de l’Islam et du Mouridisme, son amour pour Serigne Touba…il suffit d’écouter ou de réécouter ses nombreuses communications pour se rendre compte de toutes ces qualités susmentionnées.
A la disparition du 2e khalif Cheikh Mouhammadou Fallou MBACKE le 6 août 1968, Cheikh Abdou Ahad lui succéda et entreprit le processus de renouveau temporel et spirituel du Mouridisme au rayonnement duquel il se consacra corps et âme.
Ainsi, beaucoup de réalisations à Touba qui lui valurent le surnom de « bâtisseur » sont inscrites à son actif. On peut citer, entre autres, l’extension de la Grande Mosquée, la réfection et la décoration intérieure du mausolée du Serviteur du Prophète la rénovation du marché Ocâs, l’édification de ’Aynou Rahmati ou source de la Miséricorde et d’une bibliothèque moderne (qui recueille des milliers d’exemplaires du saint-Coran, des dizaines de milliers d’ouvrages et de recueils de Khaçaids de Khadim Rassoûl et de milliers d’ouvrages de sciences religieuses et modernes), l’érection d’une université islamique, la construction d’une résidence Cheikhoul Khadîm, l’électrification de toute la cité, la création d’une autoroute et d’un aérodrome…
Parallèlement, Cheikh Abdou Ahad, en véritable vivificateur de la voie mouride, s’attela à promouvoir l’instruction et l’éducation islamiques en mettant ou en contribuant à la mise sur pied de centres d’enseignement et d’éducation appelés daaras, une entreprise perpétuée par ses illustres frères Cheikh Salihou MBACKE, Cheikh Chouhaïbou MBACKE et Cheikh Mouhammadou Mourtada MBACKE.
Cheikh Abdou Ahad inculqua le culte du travail aux mourides en leur apprenant à compter d’abord sur leurs propres forces afin de préserver leur dignité et de garantir une autonomie financière. Il créa des villages dont le plus célèbre est Touba Bélél où il exploita un vaste domaine agricole.
Maître du verbe, plein de verve, cette figure charismatique fut incontestablement l’artisan de l’éveil de la conscience mouride. Il nous a montré la voie pour être un musulman modèle et un mouride convaincu en nous rappelant sans cesse les Enseignements tirés du Coran, de la Sounna du Prophète (PSL) et des recommandations de Serigne Touba.
Boroom Bélél ne transigeait jamais sur les préceptes de l’Islam et était toujours à cheval sur les principes du Mouridisme. Il mena une lutte sans merci contre le grand banditisme, la délinquance, le commerce et l’usage du tabac, de la drogue et de l’alcool qui prévalaient dans la ville sainte de Touba. On se rappelle les propos de ce preux chevalier de la Foi : « je combattrai ces fléaux au prix de ma vie ». De sources concordantes, on rapporte que Cheikh Ahmadou Bamba avait prédit qu’un jour arriverait où il dévoilerait son visage (sens propre) pour sévir contre toutes les pratiques répréhensibles en cours dans sa cité religieuse. D’ailleurs, le statut additif « Serigne Touba Serigne Abdou Ahad » serait consécutif à l’accomplissement par Baay Lahad de cette intention pieuse du Grand Cheikh.
Ñaakk Caaxaan (signifiant ‘homme de rectitude’), comme certains aimaient à le nommer, réussit majestueusement à débarrasser Touba-lasainte de tous ses malfaiteurs. Il assainit les mœurs, mit les disciples mourides en garde contre les marchands d’illusion qui, usant d’anecdotes invraisemblables, exhibant des objets supposés appartenir au Cheikh ou aux membres de sa famille, distribuant de l’eau soi-disant bénite, exploitaient leur bonne foi à des fins pécuniaires.
Tout compte fait, Cheikh Abdou Ahad n’aura point déçu l’immense espoir en lui placé par son illustre Père et Guide spirituel. Comme pour tous les fils de Serigne Touba, il est difficile de faire l’hagiographie de Cheikh Abdou Ahad MBACKE, ce grand homme de la pensée et de l’action.
Rappelé par l’Unique le 18 juin 1989, « l’adorateur de l’Unique » était, à l’image de son nom, unique en son genre!
Auteur Serigne Khadim SEYE
khadimulfadlu @hotmail.fr