Née en 1833 (l’an 1250 de l’hégire), Diariyatoul Lâhi, fut dès son jeune âge une éminente grise de l’Islam à l’image de son père Serigne Mouhadou Bousso et de sa mère Soxna Waalo Mbacké qui était une femme très imposante qui enseignait le Saint Coran. Eduquée par ses deux parents, Mame Diara put restituer à 10 ans oralement et par écrit tout le Coran. A 19 ans, elle termina tous les livres de métrique, de jurisprudence et de droit les plus usités et fit à 20 ans ses premiers pas dans le dur chemin du soufisme jusqu'à atteindre le paroxysme de la dévotion (Nafsu kâmila). Non seulement elle faisait parti des plus grands érudits de son époque en Théologie, en Philosophie et en Jurisprudence islamique mais elle accomplissait des travaux à caractère social et communautaire. Serigne Moussa Ka raconte même qu’un jour elle est allé jusqu'à proposer ses bracelets comme gage à la femme qui lui fournissait du lait caillé. La complétude de la personnalité était donc le cheval de batail de cette femme caractérisée par sa douceur, sa gentillesse et sa disponibilité envers grands et petits.
C’est dans cette perspective que Serigne Mbaye Diahaté l’apostropha : « Tu n’étais point usurière et tu n’étais point source de conflits. Tu ne disais que la Vérité et tu t’y astreignais aussi. Permets, Bousso, que je te tire la révérence. » !.....
C’est donc par sa piété et son observance des valeurs morales et culturelles qui fondent la dignité et la noblesse des enfants d’Adam que soxna Diara jura devant ses parents d’avoir dans la maison de son époux un être exceptionnel à défaut d’un prophète. Et, pour respecter sa promesse, elle se fit le serviteur dévoué de son SEIGNEUR et de son oncle Momar Anta Sali et ne rechignait devant aucune de ses prescriptions. Le surnom de « Voisine de DIEU » (Diariyatoul Lâhi) que ce dernier lui donna devant une assemblée de dévots et d’érudits n’est donc qu’un témoignage sincère que celui ci a rendu à cette remarquable créature qui, vécut et complut, sa vie durant, dans l’entretien des relations conviviales et chaleureuses avec tout son entourage. Soxna Diara détenait par-dessus tout cela une force spirituelle rare chez une femme, force qui lui permit de percevoir très tôt et de taire les miracles qui se manifestait en la personne de Ahmadou Bamba (le serviteur de l’Elu de DIEU).
Assurément, Mame Diara mérite tous les égards et hommages que lui rendirent hommes et femmes de toutes les couleurs, de tous les horizons et surtout ceux des poètes comme Serigne Moussa Ka qui nous assure : « Tu étais l’épouse modèle quand les autres étaient sources de soucis, Oh championne, tu triomphas dans l’arène où exultaient les fils des différentes épouses dites vertueuses. C’est pourquoi leurs fils se font domestiques alors le tien se tient, lui sur un piédestal. ».
L’immensité de son résultat dans une vie très courte (une trentaine d’années) mérite d’être méditée pour la production d’un corps très étoffé d’hommes et de femmes dévoués au service de l’Islam. Cette dévote qui a rendu l’âme en 1865(l’an 1283 de l’hégire) est donc un symbole de la piété et une référence pour tout aspirant désirant mettre son pied sur la voie tracée par le Coran et la Sounah Prophétique dans ce monde marquée par une kyrielle d’idéologies qui pulvérisent les valeurs morales, culturelles et spirituelles.
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